BOOKS, BOOKS, BOOKS
BOOKS, BOOKS, BOOKS
L’une des questions qu’on n’a eu de cesse de poser tout au long du SIEL, Salon International de l'Edition et du Livre de Casablanca, était de savoir si le livre lui viendrait d’être déclassé en faveur d’ internet… au Maroc. Ce genre de questions n’est pas sans me rappeler la réponse que me faisait ma mère chaque fois que je la taquinais en lui disant qu’elle ferait mieux d’accélérer ses cours d’alphabétisation pour pouvoir lire Nietzsche, sa foi jusque-là à toute épreuve ne s’en trouverait qu’affermie. Elle savait la question vicieuse et me répondait que tout ce qu’elle ambitionnait ici-bas était et est de lire le coran dans le texte –ce qui est proprement un exploit pour une Berbère de sa génération- et que pour le reste, elle voudrait bien rester analphabète, comme le prophète, son modèle. Quand je n’arrivais pas à lui expliquer un de ces mots coraniques qui parsemaient ses heures de lecture, ce qui m’arrivait souvent, elle se demandait l’utilité de tous ces livres dont je faisais grand cas … autant les brûler ! Me disait-elle, s’ils ne peuvent pas nous avancer dans la compréhension du Livre, le coran. Elle ne savait pas que dans tout le pays rares sont les personnes qui peuvent se dire suffisamment au fait de la langue arabe pour le lire, le coran donc.
